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dimanche 14 juin 2009

Mère - fils : pourquoi on en parle moins ?

mere_fils Le hasard a voulu que je tombe dernièrement sur un article intitulĂ© "Mère/Fille : je t'aime, moi non plus ?" Et je n'ai pas pu m'empĂŞcher de m'Ă©crier, un peu excĂ©dĂ©e "Encore !!!". Oui parce que la littĂ©rature autour de la liaison miroir/rivale/fusionnelle entre une mère et sa fille, elle inonde les rayons des librairies et les pages des magazines fĂ©minins. Bien plus que le rapport entre une mère et son fils. Faites donc un dĂ©tour par Google ou sur Amazon, et vous le constaterez par vous-mĂŞme. On y parle mĂŞme davantage de la relation père/fils !

Etrange, non ?

A-t-on fait le tour du lien qui unit une maman Ă  son petit bonhomme ? Se limite-t-il – comme j'ai pu le constater en fouillant le sujet – Ă  une histoire d'amour et de dĂ©sir, Ă  une impossible sĂ©paration, Ă  une relation malmenĂ©e (ou mal menĂ©e), Ă  une Ă©nigme, un thème brĂ»lant, fondĂ© sur l'interdit, quand ce n'est pas carrĂ©ment un thème qui vire au people.

Et si on restait un peu plus terre-Ă -terre ? Je m'adresse lĂ  aux mamans qui ont un fils, petit ou ado. Il y en a forcĂ©ment dans les lectrices de ce blog ;-) Quel genre de relation avez-vous avec lui ? Percevez-vous tout le cĂ´tĂ© paradoxal ou unique de votre "couple" ? Quelle image vous renvoie-t-il de votre fĂ©minitĂ© ? Quel type de difficultĂ©s (si elles existent) rencontrez-vous dans son Ă©ducation ? Cherchez-vous Ă  ĂŞtre une "Ă©ducatrice fĂ©ministe" avec lui ? Plus dur : comment l'aidez-vous Ă  devenir un homme heureux et Ă©quilibrĂ© ? Ben oui, je veux tout savoir ! ;-)

Je prĂ©cise (pour celles qui ne le savent pas) que je suis moi-mĂŞme la maman d'un prĂ©-ado qui n'en finit pas de grandir, de m'Ă©pater et de me faire rire. Tiens, Ă  ce titre, je vous recommande le site de Muriel Gilbert, une ex-collègue de travail, et ses savoureuses chroniques sur son hĂ©ritier : Au secours, mon fils m'apprend la vie.

Allez, qui commence ? ;-)

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dimanche 8 mars 2009

Journée de la femme : Carte blanche à un homme

J'ai dĂ©cidĂ© de laisser la parole Ă  un homme pour cette journĂ©e de la femme. Et voilĂ  le (magnifique !) rĂ©sultat ! Merci... merci... Tijani... suis très touchĂ©e...

"Mesdames, Mesdemoiselles, Monsieur (au singulier pour la boutade, mais, pas mĂŞme sous le manteau, je sais combien vous ĂŞtes nombreux Ă  lire ce blog...).

En cette journée où plus que les autres, on voudrait que je célèbre la fémininité, Marie, Fatma, bobonne, le bon coup, ma maman, la hanche d'adam, son occiput, ou dieu sait quoi, où laisser ma part féminine chercher ses frangines, sinon ici, chez Corinne.

La plupart d'entre vous qui ne passez pas seulement en ce lieu, mais commentez, témoignez, débatez, je suis sûr que vous comprendrez ma petite fierté, et, je me flatte un peu, que vous me jalouserez de tenir le micro.

Il faut savoir que comme tous les huit mars, la maĂ®tresse des lieux fait comme qui dirait shabbat. Travailler le jour de sa fĂŞte, passe encore, mais alors un dimanche, faut pas pousser mĂ©mĂ©... C'est un acquis social non de non !

Plus sĂ©rieusement, j'imagine que pour Corinne, ĂŞtre femme c'est toute l'annĂ©e. Penser femme et aux femmes c'est aussi toute l'annĂ©e. C'est comme le travail Ă  vrai dire, lui aussi, Corinne, tous les jours elle lui fait sa fĂŞte. Alors le premier mai, le huit mars, pensez si elle a envie de manifester... Du reste, en toute logique, si elle devait choisir une date, ce serait sĂ»rement Ă  mi-parcours, une journĂ©e des femmes et du travail, symboliquement posĂ©e le 1er avril, ça aurait de la gueule non ? Et nous messieurs de rĂ©colter des poissons dans le dos...

Quoi qu'il en soit, moi, comme après la messe je ne faisais rien, et bien, elle m'a laissé les clés, que je passe arroser. Et j'ai vu le clavier...

C'Ă©tait pas prĂ©mĂ©ditĂ©, mais voilĂ  Corinne, c'est fait ! Je l'aime ton site, et donc sauf le respect... pareille occasion de toucher tes lectrices, ma foi, il fallait que je prenne la parole...

Te voilà donc putschée. Au moins pour la journée, parce que je porte l'i à la grecque, et pas toi, je te souffle le pique dans l'assiette. Je te coupe le clapet du sifflet.

Ce faisant, le sujet m'embarrasse autant que toi. Dans l'absolu, je t'assure, j'aime beaucoup les femmes, je crois même que je les aime un peu plus que les gens. Si, si, vraiment, et pas qu'un jour dans l'année. J'aime aussi beaucoup mes femmes, ma sainte trinité, copines-chérie-mater, dans l'ordre que vous voudrez. Quant à vous célébrer toutes mesdames en une même journée, cela n'est pas dans mon tempérament.

FĂŞte des mères et des mamies, Saint-Valentin, journĂ©e des secrĂ©taires et j'en passe, ça vaut je crois pour toutes les fĂŞtes et commĂ©morations : plus on les multiplie, moins elles ne semblent compter... C'est une stratĂ©gie de cache-misère. Un jour l'an, mesdames, on va penser Ă  vous. Le reste du temps, soyez maman, collègue ou femme mais ne l'ouvrez pas. Le reste du temps, en soie ou pas, on vous prĂ©fère sous le voile ou le drap.

"La journée de la femme". Non vraiment, l'expression m'échappe, à commencer par ce singulier si réducteur, si uniformisant... La journée d'une femme, ça oui, je pourrais l'évoquer. Le plus souvent, elle commence tôt et finit tard, dimanche ou pas. "l'âge où renaît la femme", ça aussi, j'ai quelques idées. Pendant les vacances de temps en temps. Au déménagement des enfants. Ou encore, parfois, en vidant l'encombrant.. "l'ajour né de la femme", cette petite lumière que l'on vous doit. Ca aussi, je pourrais le célébrer sur une musique sacrée... mais leur truc du 8 mars, non toujours pas.

C'est bien gentil les beaux symboles, mais on n'en est plus là, du moins je le crois. Il me semble bien loin le temps du MLF et des zozotis militants. La meuf deuxmilleneuf, elle ne revendique pas, elle affirme. Une Corinne, ça ne zozotte pas, ça réseaute comme on dit entre gens du biz. Et oui. Parce qu'aujourd'hui, une femme c'est en entreprise. Et pas pour faire risette au patron ou lui taper la bise.

Fini le temps des chaussettes Ă  papa que l'on reprise. Fini celui du tricot, des patrons. Remballez les images d'Epinal de nanas qui cancanent, de plantes vertes, de paillassons. La paille, elles sont bien capables de vous y laisser...

Aujourd'hui les femmes font des affaires messieurs, attention ! Et pas les vĂ´tres qu'elles repassent. Ca non. Pas plus que vos commissions. Les commissions, comme vous, elles les encaissent. Les passes, ça ne risque pas, quelles que soient vos caisses.

Ma part féminine jubile. Jus. Bile. Ca sonne mâle, ça sonne viril. Ça donne un jeu de mots pas mal je crois, et gentiment débile... Elle jubile, mais il reste encore à faire, alors elle s'insurge toujours un peu. Sein sur je. Le jeu de mots était trop alléchant.

Oups. Pardon pour la grivoiserie. Je disais donc que derrière le gris, on voit la suite de la série. Le travail, la pilule, le vote et j'en oublie... Demain mesdames, des mains des légats alités, au bout du compte, on l'arrachera l'égalité.

En attendant, ben faut pousser, et vu la conjoncture, faut rien lâcher. Longtemps on vous a pris pour des connes, ou des cons... vous savez bien ce que ça fait. Alors pour le coup, nous voilà tous rendus au même point. Salariées ou pas, et salariés.

C'est sûr, la période fout les boules. On en a froid aux miches. Pas pour tous, sans doute pas au boul'mich. Mais pour ceux qui turbinent, pour les Gervaise, pour les Nana. Ce n’est pas la joie.

Ce qu'il nous faut c'est des Louise Mich', c'est des meneuses, des tĂŞtes d'affiche. J'en vois bien une dans vos copines. Elle est fortiche...

Oui c'est Corinne."

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vendredi 20 février 2009

C’est moi qui garde les enfants

Vendredi RTT. J’en profite pour filer au supermarché et éviter la cohue du samedi. Manque de bol, il y a moins de caisses ouvertes. J’attends donc patiemment mon tour dans la file, lorgnant sur le chariot devant moi rempli à bâbord et poussé par un jeune homme. Lorsque soudain, une femme, assez petite, un peu replète, la soixantaine à vue d’oeil, interpelle le jeune homme.

- Jean !!! Quelle surpriiiiise ! Bonjour. Comment allez-vous ?

- Bien merci. Et vous ?

- Bien, bien.

- Et votre femme Nicole ?

- Ca va, ça va, merci.

- …

- …

- Elle doit être fatiguée, non ?... Quatre enfants, tout de même…

- On s’arrange, elle travaille vous savez et moi…

- Elle travaille en plus ?!?!

- Oui, et c’est moi qui garde les enfants.

- Oh ! Vous avez divorcĂ© ???

- Non, non. On a décidé que ce serait moi qui resterais à la maison pour m’en occuper.

Pour sûr, les temps changent ma bonne dame... ;-)

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jeudi 5 février 2009

T'habites dans le marais ?

J’ai repéré son histoire sur le site des Vingtenaires (dont je suis une fidèle) et je ne peux résister à vous la replacer ici, avec l’accord de son auteur (sans "e"...).

homme Il s’appelle Bobby (c’est un pseudo), il a 20 ans, est étudiant en cinéma à Paris et travaille comme équipier chez MacDo. Il parle de son expérience de "mec qui pue la frite" sur son blog. Si son "aventure" m’a interpellée, c’est que j’avais déjà abordé le sujet sous l’angle féminin, que la Halde a récemment publié une étude brisant enfin le tabou et qu'un concours de scénarios sur ce même thème a été organisé il y a peu par le Ministère de la Santé et l'Inpes.

Voici son histoire :

« L’autre jour, M., vient bosser avec nous en cuisine. Il est lĂ  depuis beaucoup plus longtemps que moi, et d'après ce que j'ai compris, il n'a pas l'intention de rester. M., c'est le rigolo de service, le boute-en-train sur lequel on a oubliĂ© d'installer un bouton STOP. Ceci dit, sympa de prime abord. Tout le temps Ă  me taquiner, mais gentiment. Je suis petit, je suis nouveau, je suis adorable, normal. Et puis il se met Ă  me parler de "meufs".

Normal, encore une fois, Ă  part les "meufs", les Ă©quipiers MacDo ont peu de sujet de conversation. Comme il insiste, je lui dis cash : "ben Ă©coute tu sais moi les filles c'est pas trop mon truc".
Je me disais qu'il Ă©tait sympa, que ça n'allait pas faire un scandale. Et puis merde, j'ai rien Ă  cacher, je vais pas jouer Ă  mentir, j'ai pas que ça Ă  faire (quand je dis "j'ai pas que ça Ă  faire", je sous-entends que j'ai Ă  faire des hamburgers Ă  la place). Du coup, le mec est choquĂ© et se met Ă  me balancer rĂ©flexions sur rĂ©flexions, naĂŻves et pas bien mĂ©chantes d'abord, du style "alors, et ça fait quoi ?", "et tes parents ils le prennent comment ?", "et pourquoi t'es... comme ça ?". Puis indiscrètes et connes, du genre "t'es actif ou passif ?", "t'habites dans le marais ?", "c'est quand la gay pride ?". Et pour finir, ça part en live. Dès qu'il voit un autre Ă©quipier, il lui lance "oh, tu connais pas la nouvelle ?". Dès que je passe vers lui "holĂ  me drague pas hein !", ou alors "bon, je vais faire du remplissage... mais rien de sexuel hein ! Y en a ici qui pourraient avoir de mauvaises pensĂ©es, hein Bobby... ".

DĂ©jĂ , je commence Ă  trembler et Ă  m'Ă©nerver. Je rĂ©ponds avec humour, parce que voilĂ , j'ai voulu jouer le mec qui assume, j'ai pas intĂ©rĂŞt Ă  flancher, mĂŞme si c'est dur. Je dois le prendre Ă  la rigolade, mĂŞme si j'en ai marre, mĂŞme si ça me fait mal, mĂŞme si personne ne dit rien pour qu'il ferme sa gueule alors que tout le monde l'entend. Et pour finir, une avalanche de "mais ça va hein Bobby, c'est pas grave hein..." Ă  rĂ©pĂ©tition. Je me suis donc emportĂ©, je lui ai demandĂ© de fermer sa grande gueule de con parce que ça me dĂ©concentrait. Et lĂ , ce connard me balance : "oulĂ , tu vas rester poli avec moi, parce que sinon ça va mal se passer pour toi et je peux devenir très mĂ©chant."

C'est clair, moi je fais 1m63, et lui trois têtes de plus et ses bras font la taille de mes cuisses. Donc je ferme ma gueule. J'ai envie de balancer les BigMac, de crier "ok, ben je me casse de cet endroit de merde bande de connards", d'aller dans la salle équipier et de pleurer de colère pour me calmer. Mais non, je reste là, je continue à bosser, je me plante dans mes sandwichs mais tant pis, je reprends à zéro, je continue.

Merde quoi, on en est toujours lĂ  ? Il faut encore mentir sur son lieu de travail quand on est pas comme les autres ? Quand est-ce qu'on leur expliquera, Ă  ces gens que 1/ ĂŞtre gay n'est pas un choix 2/ ĂŞtre gay n'est pas dĂ» Ă  une mauvaise expĂ©rience avec les filles 3/ ĂŞtre gay n'est ni une maladie, ni un problème.

Le pire, c’est qu’il est pas méchant, ce bougre. C'est un type comme un autre, juste un peu con, et pas très renseigné sur la question. Dommage que, au passage, ça fasse autant de dégât dans la tête de quelqu'un déjà bien érodé par la connerie humaine à vingt ans à peine.»

EDIT du 6 fĂ©vrier : "Bobby" rĂ©agit Ă  vos commentaires et raconte la suite de cet "incident" (commentaire n°14). Encore merci Ă  toi...

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mercredi 12 novembre 2008

Un papa-bédéiste fou de sa fille Maé

paccomae Je ne me rappelle plus très bien comment je suis tombée sur le blog de Maé, mais j’en suis vite devenue accro. Maé est une petite fille de 4 ans et le personnage principal d'une BD. Son auteur n'est autre que son papa, Pacco, dirigeant d'une agence de création graphique en région parisienne.
Depuis 2007, ce quadra croque avec beaucoup d’humour, de tendresse et de complicité son rapport avec sa fille. Leurs bouts de vie se succèdent sur le blog, en attendant le premier album papier qui devrait voir le jour l’année prochaine.

Avant que ce papa dessinateur de talent ne soit happé par la notoriété, j'ai pu lui arracher une interview-express.

  • Quel a Ă©tĂ© le moment dĂ©clencheur, celui qui vous a donnĂ© envie de dessiner votre fille et votre quotidien avec elle ?

Je pense que faire des planches sur sa progéniture est une idée que tout auteur de BD a un jour. J'ai eu la chance de trouver un "angle" qui a plu et qui m'a motivé à en faire d'autres.

  • Dans la BD, vous avez l’air d’un papa attardĂ©, un peu ado, accro Ă  la Nintendo DS, et MaĂ© d’une petite fille tyrannique. Etes-vous tous les deux ainsi dans la vraie vie ?

C'est bien évidement une des facette de nos personnalités et un des aspects de notre relation. Mais heureusement, ce ne sont pas les seuls. En réalité, Maé est un enfant comme tous les autres… Et moi, je suis Batman. Mais le principe du blog, c'est de faire rire les lecteurs, qu'ils aient des enfants ou pas. Donc je ne traite que des moments drôles de notre vie.

  • Toujours dans la BD, MaĂ© zozote, dit "koooooaaaaaaa" et "Stoukette". Est-ce vraiment le cas ?

Maé zozotte beaucoup moins qu'avant, mais ça lui arrive encore souvent. Le "kooooaaaaaa", on lui fait la guerre à chaque fois pour qu'elle dise "comment ?". Mais pour l'instant, elle gagne une bataille sur deux. Pour "Stoukette", à chaque fois Sté ma femme - également blogueuse - me regarde comme si je rentrais d'une nuit passée avec des professionnelles de la profession.

  • Comment qualifiez-vous votre rapport de père avec votre fille MaĂ© ? Quel genre de lien vous lie Ă  elle ? Qu’est-ce que vous cherchez Ă  lui inculquer ?

Je ne sais pas comment qualifier ce lien, je suis son père et elle ma fille, et nous explorons cette notion chaque jour. Le lien ? Bah l'amour !!! Comme je l'ai Ă©crit sur la première planche faite sur MaĂ© (elle avait alors 2 ans et demi), ce qui est essentiel pour moi, c'est qu'elle soit curieuse, respectueuse et autonome… Et qu'elle n'oublie pas que nous ne sommes que des poussières dans le vent.

Merci encore Pacco pour l'interview et pour m'avoir autorisée à reproduire cette planche.

yayourt

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