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jeudi 28 août 2008

Le retour de l'expatriée

Les lettres que je reçois se suivent et ne se ressemblent pas. Voici Ariane, 32 ans. Ex-femme d’un Français expatrié en Inde, elle m’a confié son histoire. Plus que son aventure en Inde, c’est avant tout sa rentrée en France qu’elle souhaite vous faire partager. Dur, dur…

pensive_lestoilesdaz « Je viens de rentrer après deux ans d’expatriation en Inde. Au cours de ces années, j’ai divorcé, puis j’ai eu un enfant. Je suis restée en Inde pour me prouver à moi-même que je pouvais surmonter cette prise de liberté. J’ai trouvé un logement et un travail - je suis bac +6 diplômée en urbanisme et j’ai une double carrière dont je suis plutôt fière : urbanisme et journalisme/cinéma – Là bas, j’ai décroché un poste d’urbaniste conseil pour une filiale indienne d’un groupe français.

En rentrant en France, je n’ai pu que constater que je n’avais plus droit ni aux Assedic, ni à la sécurité sociale. Alors qu’une conseillère Assedic m’avait expliquée que les expatriés pouvaient toucher les droits pendant trois ans au lieu de un an, je n’ai finalement rien obtenu. Le temps de prouver à l’administration qu’on m’avait bien "expatriée", l’Assedic m’a finalement signalé qu’il n’y avait pas de prorogation et que le délai d’un an était expiré ! Du côté de la Sécu, comme les droits expirent après un an d’absence du territoire, les agents ont même refusé d’inscrire mon fils de 4 mois sous mon numéro et ce jusqu’à ce que je "clarifie" ma situation. La clarification est passée par une inscription express à la CMU pour retrouver une couverture sociale ! Au final, seule la CAF a accepté de me verser quelque chose : 172 euros par mois.

Je me retrouve donc seule avec un enfant à chercher du travail. Mon séjour en Inde a été réellement formateur pour moi et j’ai mûri, personnellement et professionnellement. Mais comment le prouver face aux recruteurs ? Quand on me demande : "Pourquoi êtes-vous allée en Inde ?", je ne peux que répondre : "j’ai suivi mon mari". Quelle erreur ! Car dans la tête des DRH, une femme d’expat s’ennuie et passe ses journées à compter les heures. Au mieux, elle fait du bénévolat. D’ailleurs là-bas, les administrations françaises l’ont bien compris : elles piochent dans ce vivier et proposent quelques "occupations" à ces femmes désoeuvrées avec des salaires frôlant le scandale (je pense à l’Ecole française et à l’Ambassade).

Mais moi, j’ai vraiment travaillé ! Pas facile à démontrer à des recruteurs français frileux et parfois en panne d’inspiration. Heureusement que ma famille me soutient. Sans elle, je serais en train de dormir sous un pont ou je serais restée en Inde pour construire autre chose… »

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dimanche 24 août 2008

Pourquoi je n'irai pas à l'Université d"été du Medef

medef Et oui, j'ai été invitée. Comme beaucoup de blogueurs d’ailleurs. Histoire de m’appâter, on m’a dit que je n’avais pas nécessairement besoin "d’être en phase avec les idées du Medef". En clair, d’être de droite. Non, non. L’essentiel en fait, c’est "d’engager le débat sur la blogosphère". Aaaaah ? Bien. Voyons donc de plus près les sujets abordés. C’est que cette année, l'Université d’été du mouvement patronal veut "Voir en grand". D’où des big thèmes : l’Europe, les fonds d’investissements, les nouvelles mégalopoles françaises, les Etats-Unis, l’Afrique, les rémunérations, les réseaux sociaux virtuels, l’esprit olympique, le développement durable, et j’en passe. Géant, non ? Attendez, il y a encore plus grand : Dieu en personne. Si, si. Avec la conférence : "Dieu pour point d’appui et la prière pour levier", coincé entre le débat sur les droits opposables et celui sur l’impôt mondial.

Autre argument pour m’attirer dans cette méga-teuf du patronat. "Tu pourras développer des contacts professionnels intéressants". Mais ouiiiiii, c’est vrai !!! Je pourrais en profiter pour réseauter, distribuer mes cartes de visite. Soit. Jetons donc un œil sur les participants. Ils sont 235, si j’ai bien compté. Et que du beau monde. Des barons de l’industrie, de la finance, de la politique… et même un roi : sa Majesté Abdallah II de Jordanie. Tiens, mais où sont donc les marquises dans ce grand rassemblement qui se veut "reflétant la société dans toute sa diversité et sa richesse" (dixit la patronne des patrons, L. Parisot) ? Je reconsulte le programme et j'en compte… 26 !!! Plus fort encore : elles sont carrément absentes de certains débats. Par exemple sur la science et les médias. Même pour évoquer Dieu, pas l’ombre d’une… sœur.

Bon, de toute façon, j’ai prévu autre chose pour cette fin de mois. J’ai un gros dossier à boucler. C’est que je tente vaillamment de travailler plus pour gagner plus. Le Medef devrait être content, non ?

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mardi 19 août 2008

Jeu : le travail - indépendant - et vous (3)

Allez, un petit jeu avant d'attaquer la rentrée. Le troisième du genre sur ce blog (le n°1 et le n°2). Toujours autour de la thématique du travail bien sûr. Comme d'habitude, rien à gagner, juste le plaisir de partager. Une différence cependant : ce jeu s’adresse plutôt aux personnes qui bossent chez elles en free-lance, ou parce qu’elles se sont arrangées avec leur patron, ou parce qu’elles sont en train de créer leur boîte dans leur salon ;-) Comme d’habitude suivra une petite analyse groupée de vos réponses. Prêt ?

1. Quel métier pratiquez-vous chez vous ?
2. Le matin, à quelle heure vous levez-vous ?
3. Et le soir, à quel moment, fermez-vous votre ordinateur ?
4. Avez-vous une pièce bien à vous ? Laquelle ?
5. Avez-vous une ligne téléphonique dédiée ?
6. Comment démarchez-vous vos clients ?
7. Celui qui vous a fait le plus râler (pour rester polie) ?
8. Le plus sympa d’entre eux (s’il existe) ?
9. Que mangez-vous à midi (si vous mangez) ? Et où ?
10. Trois choses que vous appréciez le plus dans votre boulot ?
11. Trois choses qui vous pèsent ?
12. Le mercredi, avec les enfants, comment vous organisez-vous ?
13. Vous arrive-t-il de travailler le week-end ?
14. La télé, le grignotage dans la journée : un peu, souvent, jamais ? Quoi, où et comment ? (oui, je veux tout savoir !)
15. Le ménage, les courses : la semaine ou le week-end ?
16. Votre compagnon/mari (compagne/femme) : il/elle en rajoute ou il/elle vous aide ?
17. Aimeriez-vous (re)travailler dans une entreprise ? Pourquoi ?

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mercredi 13 août 2008

Lettre de Stéphanie *, 26 ans.

Parce que sa lettre m'a émue (et encore, j'ai édulcoré...), parce que son parcours rejoint celui d'une génération qui se cherche, tâtonne, se "ramasse" et continue de rêver, parce que "Tout pour elles" soutient aussi les jeunes femmes...

« Je m'appelle Stéphanie * et j'ai eu 26 ans en janvier dernier.

lahaut_lestoilesdAz J'ai toujours été très ambitieuse. Je me suis beaucoup investie dans mes études depuis le CP, toujours en tête de classe. En cours, j'existais, j'exultais. J'ai découvert la reconnaissance des profs qui étaient fiers de moi et m'aimaient, je le suppose. Je me suis aussi investie dans le chant en intégrant une chorale. Un pur plaisir. Une manière sans doute de fuir le cercle familial, un petit frère complice devenu tyran adolescent, des parents que je narguais en leur vociférant haut et fort que ma vie ne serait pas aussi "médiocre" que la leur.

J’ai suivi une seconde littéraire, pour finalement me réorienter vers le scientifique. "Fais S, sinon tu ne trouveras pas de travail !" m’ont incitée l’école et les conseillères d’orientation. J'ai du mettre les bouchées doubles car de très bonne élève, j'étais devenue mauvaise. Une réflexion d’un enseignant en sciences physiques m'a définitivement brisée : "Qu'est-ce que vous foutez en S ? Vous êtes nulle ! 6/20 !" J'avais perdu l'amour des profs à cause de mes moins bonnes notes. Mon frère continuait à me harceler, un animateur de la chorale se moquait de mon physique en prenant les autres à témoins…

J'ai donc eu du mal à finir mes études. Et à les continuer tout court d'ailleurs. J'ai obtenu 2 licences, mais j'en ai raté une à cause d’une grave dépression.

J'ai donc commencé à travailler tard, à 25 ans. Je suis aujourd'hui titulaire dans la fonction publique. Je gagne un peu plus de 1200 euros. Comment vivre ? Je n'ai même pas de quoi m'acheter un appart alors que j'économise en ne m'achetant rien, sauf des livres.

Je suis devenue une autre personne. J'ai grandi, j'ai mûri. En plus d'être passionnée par la musique et la littérature (les biographies surtout !), je le suis par l'être humain. J'ai découvert que j'aime tout simplement partager et tendre la main aux autres. Et j’ai un rêve : devenir journaliste de documentaires pour faire le portrait d'hommes et de femmes simples et généreux. Peut-être n’y arriverai-je jamais. Mais j'essayerai et je suis assez tenace.

Je sais qu'on peut partir de loin et toucher les étoiles. A 26 ans, je commence à me connaitre et peut-être enfin à m'aimer... »

(L'illustration provient des toiles d'Az)

* EDIT : Stéphanie est assistante sociale. Et ce n'est pas son vrai prénom...

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samedi 9 août 2008

Picnic du 10 août annulé !

meteoparis Il faut malheureusement se rendre à l'évidence : Miss Météo ne sera pas clémente ce dimanche pour notre picnic. Pffff, si on ne peut même plus compter sur le soleil au mois d'août :-(

Donc on annule tout, à mon très très très grand regret... Mince, je suis si déçue !!!

Je vais tâcher de joindre personnellement tous ceux qui se sont inscrits (une quarantaine de personnes tout de même !) au cas où l'info sur ce blog leur aurait échappé.

Allez, à une prochaine fois, j'espère...

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samedi 2 août 2008

Sois bien habillée et tu réussiras !

Ce n’est un secret pour personne : le look, la façon de s’habiller, l’apparence physique générale, cela compte beaucoup dans le monde du travail, que ce soit lors de l’embauche ou dans la vie active. Mais j’ai découvert une soi-disant réalité qui va encore plus loin.

Vincent Soulier, l’auteur du livre Presse féminine : la puissance frivole, affirme que "contrairement aux idées reçues, plus la femme s’occupe de son corps et prête attention à son apparence, plus elle réussit dans la vie active, dans l’intégration sociale (…). Ce sont les mêmes femmes qui raffolent de lingerie fine et font les plus belles carrières professionnelles." Bigre ! Fini le "sois belle et tais toi", vive le "sois bien habillée et tu réussiras".

Même son de cloche dans l’incontournable Ces filles sympas qui sabotent leur carrière. "Les jupes courtes, les décolletés avantageux, les robes moulantes, les talons aiguilles, les chaussures mal cirées, les vêtements froissés ou qui tombent mal ne vous aideront pas à atteindre vos objectifs professionnels, tout au moins dans le monde de l’entreprise". L’auteur Lois P. Frankel conseille même de s’habiller "en fonction du poste auquel vous aspirez et non selon celui que vous occupez". Il préconise aussi l’appel à un styliste, un "relookeur", parce que "la garde-robe joue un rôle plus important que vous ne le pensez". Mais aux yeux de qui ?

Personnellement, je cherche avant tout à être à l’aise dans mes vêtements, et à remplir ma tête plutôt que mon armoire. Mais peut-être ai-je tout faux. Peut-être ai-je raté quelques belles opportunités professionnelles à cause d'un look plus cool que hype... Aïe ! Voilà tout à fait le genre de réflexion qui me met... chiffon !

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